Le 8 décembre marque la fête de l’Immaculée Conception. Ceci est en effet, un dogme de l’Église
catholique, établi en 1854 par le pape Pie IX. Cette fête est située dans les premiers jours de la nouvelle
année liturgique et du temps de l’Avent. Elle nous rappelle la destinée unique de cette femme choisie
par Dieu. Au Sanctuaire marial de Schoenstatt pour la Paix et la Réconciliation de Mont Sion Gikungu,
cette fête est une solennité qui se célèbre le dimanche. La messe principale qu’est celle de 10h, a été
célébrée par le Recteur du Sanctuaire, Père Longin NTIRANYIBAGIRA, en concélébration avec le Père
Supérieur délégué, Herménégilde COYITUNGIYE, le Père Vice-Recteur, Floribert KANEZA, le Père
Responsable des novices, Léonce NTAKIRUTIMANA et l’Abbé Emmanuel de la Paroisse Gatara, en
Diocèse de Ngozi. Les lectures du jour ont été d’une richesse extraordinaire. Elles nous présentent une
fresque grandiose de l’Histoire du Salut depuis le moment de la création jusqu’à la plénitude des
temps. La première lecture a été tirée du livre de la Genèse 3, 9-15.20 ; la deuxième lecture tirée de la
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 1, 3-6. 11-12 et de l’Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
1, 26-38.
C’est la Vierge Marie, qui a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur
singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain,
préservée de toute souillure du péché originel. De cette déclaration, a commencé l’homélie.
Aujourd’hui, cette Vierge que nous célébrons, premièrement elle a été choisie par Dieu, c’est ce dont
même que vient lui annoncer l’ange Gabriel, deuxièmement Dieu lui a confié son dessein et
troisièmement par le Saint Esprit, elle l’a accompli. Voici alors celle que nous vantons, la comblée, la
Mère du Sauveur Jésus Christ. En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir
en son cœur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour
rencontre une foi purement parfaite, une âme sans péché. Seule la grâce pouvait ainsi la préparer, et
elle en est comblée.
Au début de la création, il y a un homme et une femme, Adam et Ève, créés à l’image de Dieu, qui
malheureusement compromettent gravement cette image en eux. Lorsque les temps sont accomplis,
il y a encore une femme, Marie, qui restaure cette image pour toute l’humanité.
Dans le récit de la Genèse et celui de l’Évangile du jour, les parallèles et les contrastes sont frappants.
Dans le premier cas il y a le serpent qui trompe ; dans le second il y a l’ange de Dieu qui apporte le
message du salut. Dans le premier cas il y a la malédiction, dans le second la bénédiction. Dans le
premier cas il y a la peur et l’autojustification ; dans le second il y a la confiance et l’abandon. Toute
cette histoire est un hymne à la grandeur de l’humanité telle qu’elle est jaillie des mains de Dieu. Il
avait créé l’homme et la femme pour être ses enfants. La beauté de leur être créé consistait en leur
fragilité. Ils ne sont pas des dieux, ils sont des êtres créés, limités, et donc vulnérables devant les forces
du mal, ils semblent perdre la bataille. Mais Ève, la vivante et la mère de tous les vivants sera fidèle à
son nom et ne laissera pas les forces de la mort vaincre la vie dont elle est dépositaire. Dieu a mis une
inimitié entre la femme et les forces de la mort représentées par le serpent. La vie sera finalement plus
forte que la mort et après une longue évolution et une longue attente, la Vie connaîtra la victoire totale
et définitive sur la mort en une autre femme, une autre Ève, une toute jeune fille nommé Marie, qui
devient la Mère de Celui qui est la Vie même. Finalement apparaît, la femme qui est totalement fidèle
à son nom, celle en qui la Vie a totalement vaincu les forces du mal, la pleinement vivante, la mère de
la Vie et de tous les vivants. C’est cette victoire de la Vie en elle, dès le premier instant de son existence,
que nous célébrons aujourd’hui. Le récit de la Genèse est une représentation symbolique de la lutte
de tous les jours en chacun de nos cœurs entre le bien et le mal, entre la vie qui ne cesse de vouloir
croître en plénitude et la mort qui nous rappelle vers le néant, et l’Esprit de Dieu qui veut nous couvrir
de son ombre et faire naître en nous la vraie vie. Cette victoire n’est pas seulement la sienne ; elle est
celle de toute l’humanité. Elle est la nôtre. Aussi, dès le moment que cette victoire de la Vie sur les
forces du mal a été confirmée par la disposition de Marie à laisser la Vie la pénétrer, l’œuvre de notre
rédemption a commencé.
La manière dont nous prions, se découvre dans la vie que nous menons. Quand nous récitons le Notre
Père, la partie « donne- nous aujourd’hui notre pain de ce jour », nous ne devrions pas penser à nous
seulement, mais aussi à ceux qui ont cherché le pain, a ceux qui l’ont préparé, ainsi de suite. En fait,
prions pour nous et pour tous les autres, là nous prouverons que nous avons connu et cru en
l’Immaculée Conception. Celui qui tient compte de l’Immaculée Conception, ses mots sont doux et
donnent de l’espoir, ses œuvres définissent l’Immaculée. Alors, prions pour que tout ce que nous
disons et faisons manifeste la grâce de l’Immaculée, a conclu le célébrant.
En outre, ceux qui avaient voyagé pour un pèlerinage à Kibeho au Rwanda, ont donné des offrandes
en guise de remerciements au Seigneur, pour le voyage sain et les bénédictions accordées lors de ce
pèlerinage. Et après la messe, il y a eu procession vers le sanctuaire.
Nelly AKEZAKIMANA