La célébration de la Sainte Cène du jeudi Saint au Sanctuaire de la Reine de la paix et la réconciliation de Mont Sion Gikungu a été présidée par le Père Léonce NTAKIRUTIMANA avec à ses côtés six autres prêtres. Elle a débuté à 17heures et demie et elle a duré deux heures et demie de temps. Les cérémonies de ce jour sont uniques tout au long de l’année et l’Eglise tient à ce que tout le rite du jour soit respecté suivant le calendrier romain depuis bien des années. A côté des servants de messe, douze personnes avaient été choisies pour représenter toute la communauté dans le rite du lavement des pieds. La chorale saint Maria Goretti qui a animé la messe en chants liturgiques avait prévu tout ce qui était nécessaire comme arsenal musical, surtout qu’il est des rares fois où on chante le gloria au cours de la messe pendant la période de carême. L’ornement liturgique était le blanc, et la chorale, de même qu’un effectif bien remarquable de fidèles, n’y avaient pas manqué. Les lectures du sont les suivantes : Livre de l’Exode (12, 1-8. 11-14), la première épitre de saint Paul aux Corinthiens (11, 23-26) et l’Evangile selon saint Jean (13, 1-15).

Après la lecture des textes prévus, le Père NTAKIRUTIMANA a prêché son homélie par laquelle il a débuté les mots suivants :  ‘Nous venons de passer tout ce temps de carême en méditant les mystères de notre rédemption. A partir de ce jour, nous entrons dans le vif de la célébration de la Pâques qui est le couronnement de notre salut.’  Saint Jean nous dit, dans son Evangile, que Jésus avait aimé les siens d’un amour si profond. En ce jour, l’Eglise célèbre en même temps l’institution de deux sacrements intimement liés : l’eucharistie et le sacerdoce. Ils sont d’une importance capitale, car c’est en ce jeudi saint que Jésus a donnée à ses disciples une nourriture de la vie éternelle. Ils sont liés parce l’un ne peut pas avoir lieu sans l’autre : en l’absence d’un prêtre, l’Eucharistie ne peut pas avoir lieu ; de même un prêtre ne peut être ordonné que pendant la célébration eucharistique. Corrélativement au sacrement de l’Eucharistie, le Pape François a dit que la Croix de Jésus nous a donné une nourriture qui ne finit pas.

De l’institution du sacrement de l’Eucharistie, nous pouvons tirer trois enseignements. L’Eucharistie est d’abord un sacrement d’amour. C’est par amour que le Fils de Dieu est venu sur terre pour sauver les personnes du péché. Pour mieux accomplir cette mission, il a accepté de partager toute notre condition de vie, excepté le péché. Ce sacrement est ensuite une nourriture de la vie selon les paroles de l’Évangile de saint Jean au verset 53 du sixième chapitre. Les mots ‘nourriture’ et ‘manger’ sont revenus plus d’une fois dans les lectures de ce jeudi saint. ‘En tant que chrétiens, nous devons nous attacher à ce sacrement car c’est en lui que nous trouvons la plénitude de la vie, mais avant de communier, nous devons nous préparer’, a poursuivi le Père Léonce. L’eucharistie est enfin un amour qui pense à l’autre. Il nous arrive dans bien de cas de vouloir que les autres nous aiment en premier et nous en restons là. Cela ne doit pas être le cas pour nous qui sommes chrétiens. Regardons Jésus : il a osé laver les pieds de ses disciples alors que dans la coutume et la tradition juive ceci était une tâche réservée aux serviteurs envers leurs maîtres ou les invites de ceux-ci. Si dans notre vie actuelle les chefs et dirigeants politico-militaires pensaient beaucoup à servir le peuple à leur charge, nous serions beaucoup plus respectueux les uns envers les autres, et par conséquent plus prompts à venir en aide à notre prochain qui est dans le besoin. L’amour dont le Christ nous a aimé est l’exemple de la vie spirituelle que toute personne est appelée à mener. Alors faisons de même dans nos familles, au travail et dans notre entourage.

Précisons qu’à fin de la messe il y a eu une petite adoration qui a été suivie du déplacement de toutes les hosties bénies vers un reposoir préparé dans la salle polyvalente près de l’église de la Sainte Trinité. C’est là en fait qu’elles doivent rester jusqu’au samedi saint pendant la messe de la veillée de Pâques. Durant cette même nuit, il y a eu une adoration au saint sacrement dans le lieu ci-haut mentionné jusqu’au matin du vendredi saint.

N.M.