Dans un petit mot d’accueil, le Père Recteur Longin NTIRANYIBAGIRA, après avoir accueilli tous les pèlerins (parmi lesquels les hautes autorités du pays dont les anciens chefs d’état et le vice-président de la République) et les Chrétiens du sanctuaire, les a tous chaleureusement souhaités bonne fête de l’Assomption. Il a alors exprimé sa joie d’accueillir Monseigneur Anatole RUBERINYANGE, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Bujumbura, qui avait représenté l’Archevêque, dignement empêché. Il a fait savoir que c’était une joie immense de les accueillir en ce jour très important au Mont Sion Gikungu,  au nom des Pères et des Sœurs de Schoenstatt ainsi que toute la famille de Schoenstatt de Mont Sion Gikungu. Il n’a pas oublié de souhaiter bienvenu aux pèlerins venus du Congo, de la Tanzanie, du Rwanda, de l’Uganda et du Kenya et ceux venus des différents diocèses du Burundi mais aussi les chrétiens du sanctuaire tout en mentionnant que c’était la 28e fois qu’on célébrait l’Assomption au Mont Sion Gikungu et le 13e anniversaire de couronnement de la Vierge Marie comme Reine de la paix et la Réconciliation, déclarant par la même occasion que la Vierge Marie a vraiment manifesté sa puissance dans son apostolat de réconciliation. S’adressant à Monseigneur il lui a fait savoir que le Sanctuaire attendait impatiemment ce grand jour, et qu’en plus de neuf jours de prière préparatoire, on avait passé toute la nuit en priant et en louant Dieu pour ce jour ; et qu’en ce jour on était revenu continuer à glorifier Dieu pour ce bonheur accordé à Marie. Et de continuer, c’est un jour d’espoir de la vie éternelle, un jour qui rappelle la vie céleste. La famille a été mise au centre de tous les enseignements de la neuvaine en se basant sur la devise de l’année apostolique du sanctuaire: « AVEC LA VIERGE MARIE, EDIFIONS L’EGLISE-FAMILLE POUR LA GUERISON DES MEMOIRES ». Il a terminé son allocution en invitant Monseigneur, qui était le célébrant principal, à guider l’Église pour le partage de la vie de Dieu.

La solennité de l’Assomption a été célébrée dans la grande joie au Sanctuaire Marial de Mont Sion Gikungu, autour de Monseigneur Anatole RUBERINYANGE, envoyé de l’Archevêque de Bujumbura. La messe, précédée par une confession, a été marquée par le résonnement du tambour royal et les jeux des tambourinaires, pour marquer ce jour combien important dans la foi de l’Église. Elle a été animée conjointement par la Chorale Saint Martin et la Chorale Sainte Famille en chants liturgiques et a commencé par une procession dans l’ordre qui suit :thuriféraire-croix-treize enfants qui portent les bougies allumées (symbole de 13 ans de couronnement de la VIERGE MARIE, Reine de la Paix et la Réconciliation) -image de la Vierge Marie au milieu des fleurs soulevée par 4 militaires- 12 apôtres de la Vierge Pèlerine – jeunes danseuses- danseurs intore-Chorale-servants de messe-prêtres-Monseigneur.  Les saintes écritures étaient : Première lecture : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab; psaume responsorial, Ps 45, 10bc. 11. 12ab. 16 ; deuxième lecture : 1Co 15, 20-27a et l’Évangile Lc 1, 39-56.

En guise de réponse, Monseigneur Anatole RUBERINYANGE, a remercié le Père Recteur du Sanctuaire pour son chaleureux accueil. Profitant de cette occasion, il a passé les salutations et la bénédiction de l’Archevêque qui n’avait pas pu être là suite à un autre apostolat. L’Archevêque est avec l’Église assemblée au Mont Sion Gikungu, recevez ses salutations d’amour, de paix et de fraternité. Son souhait le plus ultime est que ce sanctuaire soit vraiment un sanctuaire de la paix et de la réconciliation. Que la foi de la Vierge Marie soit toujours notre modèle et que chacun l’invoque afin que nous tous soyons là où elle est, a-t-il conclu.

Homélie

Monseigneur Anatole RUBERINYANGE a commencé l’homélie par souhaiter bonne fête d’Assomption à tous les fidèles. Il a ensuite annoncé qu’en ce jour d’Assomption nous célébrons la victoire de notre Mère, la Vierge Marie et que nous devons l’invoquer afin qu’elle nous accompagne dans notre périple terrestre et que nous soyons toujours dans son Manteau victorieux. « Assomption » signifie en Latin « assumere », c’est-à-dire  mouvoir ou  déplacer de place en place, ce qui signifie que le corps virginal de Marie n’a pas connu la corruption mais qu’il a été assumé au ciel, selon le dogme de la foi de l’Église.

Le Vicaire Général a par la suite expliqué l’origine de la fête d’Assomption. Avant que l’Église ait annoncé universellement ce dogme, beaucoup de chrétiens y croyaient déjà depuis très longtemps, ils le sentaient en eux-mêmes. Mais jusqu’au 3e siècle, comme les chrétiens ne pouvaient pas prier publiquement à cause de la persécution, ils ne pouvaient pas célébrer l’Assomption. En 323, Saint Éphrem, par la révélation divine, a annoncé que Marie n’a pas connu la corruption à cause de la mort. Au 6e siècle Maurice de Byzantine, lui aussi, a eu cette vision et a déclaré le 15 Aout 582, date correspondant à son accession au trône, que Marie a été au ciel corps et âme. Et puis le Pape Théodore au 7e siècle permit que la Vierge Marie soit célébrée. Au 17e siècle, Louis XIII, le roi Français qui n’avait pas d’enfant (successeur) après 13 ans, a demandé à toute la France de prier intensément à la Vierge Marie le 15 août 1667, et l’année suivante Louis XIV fut né. En 1854, après avoir déclaré universellement l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, beaucoup de chrétiens : fidèles, consacrés, prêtres, … demandèrent au Pape d’annoncer l’Assomption. Par après le Pape a écrit aux évêques du Monde entier pour demander leur avis et la majorité a voté pour.  C’est finalement le premier novembre 1950 que fut déclaré universellement l’Assomption de la Vierge Marie qui allait être célébré chaque 15 août, c’est pourquoi aujourd’hui c’est la joie, nous célébrons la grande victoire de la grande foi de Marie, a annoncé Monseigneur.

Quant aux saintes Écritures du jour, Monseigneur a annoncé qu’elles nous parlent de la foi et de la victoire. La première lecture nous parle des problèmes qui étaient dans le monde ; les tribulations qui affligeaient le monde au début de l’Église. Mais quoiqu’il arrive le secret est de toujours espérer en Dieu. « une Femme, ayant le soleil pour manteau », cela veut dire Israël. Les nouveaux chrétiens étaient très persécutés, ils souffraient beaucoup comme une femme en travail. C’était comme la femme dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Ces chrétiens se préparaient à enfanter un nouveau pays de Dieu. Jésus Christ était né, était monté au ciel mais Israël était toujours sur terre, a annoncé Monseigneur.  La vie de l’Église sur terre est difficile, le grand Dragon continue à la harceler ; Satan est toujours actif. Mais le Dragon a été vaincu.  Jésus nous donnera notre victoire selon les circonstances de tentation.  Passons dans le chemin marial et prenons la décision maintenant sans faire marche arrière, a-t-il exhorté. Nous voulons tous cette victoire mais il y a une condition.  La deuxième lecture nous parle quant à elle de la victoire de Jésus : « Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon? » (1Co 15, 55). Mais il faut faire attention sinon la mort pourra toujours nous vaincre.  Adam a amené la mort mais Jésus nous a amené la vie puisqu’Il a mis avant tout la volonté de Dieu : « O Père……. que ta volonte soit faite, et non la mienne » (Luc 22:42-43) ou( Mt26, 39).  Ce chemin a amené Jésus Christ à vaincre le dernier ennemi, « la mort ».  Nous aussi si nous passons par le même chemin nous vaincrons la mort. Mais sachons que cet Adam qui bloque notre foi est toujours en nous.  C’est pourquoi nous devons aller avec Marie, elle qui a écrasé la tête du serpent, a dit Monseigneur Anatole.

Mont Sion Gikungu est un sanctuaire de la paix et la réconciliation, il faut qu’en rentrant, nous emmenions chez nous la paix et la réconciliation. Alors est-ce que chez nous, dans nos familles, dans nos foyers il y a vraiment la paix, a-t- il interrogé.  D’après des études, il y a 600 divorces sur les couples qui se marient en une année ici à Bujumbura. C’est terrible. Invoquons la Vierge Marie pour qu’elle établisse son trône dans notre pays et dans nos foyers.  Que la réconciliation nous caractérise partout sur nos collines, nos communes et nos provinces. Nous avons entendu la voie de Marie ; « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc1,38).  Et Elizabeth n’a pas pu contenir cette connaissance : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi » ? (Lc1, 43), « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc1,45).  Elle ajoute aussi : « Tu es bénie entre toutes les femmes » (Lc1, 42). Ces paroles sont très fortes. C’est-à-dire que Dieu est en train de travailler en passant par Marie en l’enfant qu’elle porte.  Comme dans l’Ancien Testament, la Reine Judith a pu vaincre les ennemis d’Israël,  et le Roi Osias s’est acclamé : O Judith, tu es bénie entre les femmes.  Mais pour Marie c’est plus que cela. Elle participe au salut de toute l’humanité puisque sa foi est si grande, comme Jésus nous dit : celui qui croit, accomplira même plus que moi-même. Imitons la vie de Marie. Et nous voyons dans sa chanson que Marie a gardé la foi de ses ancêtres, et elle dit elle-même : « désormais tous les âges me diront bienheureuse. » (Lc1, 48).  Et en se basant sur cette parole même, on comprend très bien que Marie a vaincu la mort, sinon elle ne pourra pas être appelée « Bienheureuse », c’est bien écrit, a-t-il-fait remarquer.  Mais plutôt, emmenons Marie chez nous.  C’est bien que vous ayez passé toute la nuit dans la prière, mais que vous n’en restiez pas là, que cela se voit à la maison aussi, a recommandé Monseigneur.

Il a terminé son homélie en signalant qu’à Mugera (Archidiocèse de Gitega) les fidèles étaient rassemblés aussi et que même notre Archevêque était là, puisque c’était le jour où on allait donner les symboles au nouvel Archevêque de Gitega. Et d’appeler les chrétiens à prier pour eux, pour le Burundi et toute la région qui est devenue le bastion de tous les conflits, mais aussi tous les autres pays sans oublier l’Ukraine où chaque jour des explosions meurtrières coûtent la vie à des citoyens. Il a aussi appelé à prier pour la paix dans nos cœurs. Il a encore une fois appelé les fidèles à garder ces paroles du jour, à obéir la parole de Dieu.  Et comme il le fait toujours, il a exhorté les familles à prier ensemble le chapelet et le rosaire et a révélé qu’on verra que les enfants et hommes de mauvaise conduite ne changeront pas et que comme cela toute la terre sera en train de changer. Demandons cela à Dieu. Que la Vierge Marie qui trône au ciel, prie pour nous.

Signalons que pendant l’offertoire, différents groupes ont manifesté leur joie par différentes sortes d’offrandes :

  1. Offrandes des symboles : bouquet de fleurs (symbole de joie) avec mention 13 ans, pour marquer le treizième anniversaire de couronnement de la Vierge Marie, Reine de la Paix et la Réconciliation.
  2. Famille de quatre membres : Bible (homme), femme avec un sac à main contenant la Bible, jeune garçon avec sac à dos contenant la bible, jeune fille avec un chapelet.
  3. Une calebasse avec trois chalumeaux, symbole de l’unité et la réconciliation.
  4. Offrandes en nature comme action de grâce par les familles
  5. Offrandes de l’autel portées par les 6 jeunes filles

Signalons également que la consécration a été ponctuée par le résonnement du tambour royal. Et Malgré la pluie à la fin de messe, la messe s’est clôturée par la procession vers le sanctuaire où on a récité l’Angélus, la prière de couronnement, la prière par les apôtres de la Vierge pèlerine avant la bénédiction solennelle.

Fulgence Ndayizeye