Le vingt-sixième dimanche du temps ordinaire a connu deux événements non négligeables au Sanctuaire de Mont Sion Gikungu. Ce fut la clôture des activités de la semaine de la paix et la réconciliation qui avaient débuté le mardi 21 courant. Elles comprenaient essentiellement des conférences telles que précisées dans notre article dernier. A côté de cela, la Chorale Saint Nicolas de Flue a solennellement fêté son jubilé d’Argent, soit vingt-cinq ans, d’apostolat au Sanctuaire. Suite à ces deux événements, tout avait été prévu et organisé pour agrémenter les festivités : le décor du chœur de l’Église de la Sainte Trinité avait été minutieusement fait, la Chorale Saint Nicolas de Flue, toute en uniforme rouge et jaune, avait mobilisé un arsenal musical nécessaire pour la fête et le choix du chant liturgique du jour avait été fait sans doute sous l’inspiration du Saint Esprit.

Tout au début de la sainte Messe, le Père Recteur a prononcé une allocution de bienvenue à tous les pèlerins. Parmi les invités de marque, on mentionnerait entre autres Son Excellence le Président Sylvestre Ntibantunganya, ancien Président de la République du Burundi, le Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, L’Ambassadeur de l’Ouganda au Burundi, l’Abbé Directeur General de la Caritas Burundi et bien d’autres. Le Père Recteur n’a pas oublié de féliciter la chorale jubilante, lui souhaitant joyeux anniversaire tout en reconnaissant son apostolat qu’il a fait et a au sein du sanctuaire durant les 25 ans écoulés. Les lectures du jour sont le Livre des Nombres (11, 25-29), l’épitre de saint Jacques (5, 1-6) et ‘Evangile selon saint Marc (9, 38-48).

Dans son homélie, le Père Herménégilde Coyitungiye a précisé que nous sommes venus rendre grâce au Seigneur avec la Chorale Saint Nicolas de Flue pour son jubilé d’argent. Dans la logique du jubilé, il y a toujours l’idée de faire un regard rétrospectif sur tout ce qui a été bien fait et rendre grâce au Seigneur, en même temps que l’on demande pardon pour ce qui n’a pas été bon devant la face du Seigneur. Un jour comme celui-ci est aussi une bonne occasion de demander la paix qui vient de Dieu, Lui qui nous dit que la paix qu’il donne est différente de celle que le monde donne. Notre pèlerinage ici sur terre est semblable à celui que les Juifs faisaient vers Jérusalem en chantant les psaumes 121 et 122. Le psaume 121 est une imploration pour la paix, et le 122 est un souhait de paix pour Jérusalem. Le chanteur dit en effet que celui qui demande au Seigneur ne doit pas insister beaucoup car le Seigneur sait déjà de quoi nous avons besoin avant que nous le demandons.

La première lecture de ce jour, de même que l’Evangile nous ont parlé des attitudes que nous prenons et qui compromettent la paix car nous écartons les autres. La seconde lecture quant à elle nous a parlé de notre envie qui ne nous pousse qu’à commettre une injustice envers notre prochain. Les deux vices sont comme un virus plus sévère que la covid-19 qui menace le monde actuellement.  La discrimination ronge tant d’âmes qu’elle a engendré des rivalités entre frères et sœurs, des gens qui se disent croyants d’une même confession religieuse. Cela s’est aussi produit au sein de notre Eglise, et le Pape saint Jean Paul II, conscient de tout cela, a demandé pardon pour le rôle moins bon que les hommes d’Eglise ont joué dans certains crimes du passé. Non seulement au sein des confessions religieuses, mais également au niveaux des organisations socio-politiques de différentes nations, le Burundi ayant une bonne matière à tirer là-dessus suite à ce qu’il a vécu dès l’aube de l’indépendance. ‘Soyons convaincu que la véritable paix est donnée par Dieu, et saint Nicolas de Flue n’a pas cessé de le répéter aux parlementaires de son pays, la Suisse, en leur montrant la

Nous tenons à préciser qu’au début de l’offertoire la Chorale Saint Nicolas de Flue a offert un bouquet fleurs et des paniers en guide de remerciement et de reconnaissance pour toute l’assistance que le Seigneur a apporté à ladite chorale. Il y a eu procession vers le sanctuaire pour deux raisons, d’abord parce que cela a été une habitude pour chaque dernier dimanche du mois, ensuite parce nous sommes convaincus la Reine de la paix et la réconciliation est notre médiatrice dans nos tentatives de rechercher la paix durable dans le monde. Au sortir de la sainte Messe, les cérémonies de clôture de la semaine de la paix se sont poursuivies devant le Sanctuaire. De tout ce qui a été fait et dit, nous retiendrons un thème développé par l’Abbé Anicet Shumbusho sur le Rôle de l’Eglise dans le Processus de Réconciliation et celui de L’Etat de Droit présenté par le Docteur Aloys Misago.

Dans le processus recherche de la paix, toutes les institutions et toute personne doit se sentir interpelée et concernée. C’est dans cette logique que l’Eglise a toujours mis valeur de la paix dans la recherche de la richesse et la bonne gestion du bien commun’, a martelé le Père Recteur du Sanctuaire. Nous ne devons donc plus appeler les autres nos ennemis car ils ont une vérité que nous ne connaissons pas encore. ses efforts à rechercher la paix dans le monde. Pour y arriver, elle passe par toutes les voies possibles : des négociations, des enseignements, des publicités, et la prière sans doute.

L’Etat de droit, selon le docteur Misago, est celui qui soit responsable de garantir les besoins de son peuple en matière de bonne cohabitation, de travail et des conditions de travail, de gestion commune de la chose publique et de vie paisible de tous : natifs, étrangers, et même les réfugiés ou déplacés résidants sur son territoire. Les cérémonies ont été clôturées par un rafraîchissement des participants à ces événements.

 NYANDWI M.