Le Père Félicien NIBONA a présidé à la célébration eucharistique de ce quinzième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A. Les lectures du jour ont été tirées du livre d’Isaïe 55, 10-11; de l’Epitre de saint Paul apôtre aux Romains 8,1-2 et de l’Evangile selon saint Matthieu 13,1-23. La chorale Saint Martin a assuré l’animation du chant liturgique pendant la Messe. Tout au début de cette célébration eucharistique, le Père NIBONA a pris le soin de présenter aux fidèles deux diacres, HABONIMANA Jean Bosco et MUGISHA Félix, qui étaient à ses côtés en précisant qu’ils seront déjà prêtres le dimanche prochain, parce qu’ils vont être ordonnés le samedi 18 du mois en cours.

L’Esprit de Dieu est le Paraclet qui nous aide à comprendre et observer la Parole de Dieu dans toute notre vie. Il a toujours été ainsi depuis les temps les plus reculés, car sans la force et l’assistance de l’Esprit de Dieu, les personnes ne tardent pas à oublier ou ignorer la Parole qu’ils ont entendue. Et le prophète Isaïe nous dit que nous serons gratifiés de le cœur de chair qui nous rendra doux et humbles de cœur. Selon le prédicateur du jour, la prière du célébrant tout au début de la Messe est souvent porteur d’u message fort de signification. Celle d’aujourd’hui dit en effet: « Dieu qui montre aux égarés la lumière de ta vérité pour qu’ils puissent reprendre le bon chemin, donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom, et de rechercher ce qui lui fait honneur ».

Les trois lectures de ce dimanche nous invitent toutes à marcher dans la justice. Le prophète Isaïe nous dit en effet que la Parole de Dieu est performative et est toujours porteur du fruit escompté par Celui qui l’a envoyée. Isaïe était venu porteur d’une parole de réconfort au peuple juif déporté en Babylonie et y souffrait déjà depuis plus de cinquante ans. Il leur disait en effet que leur libération était proche, mais la parole ne passait pas dans les cœurs du peuple qui continuait à peiner sous le poids et joug de l’esclavage. Si on retourne cette parole au peuple Burundais, on ne manquerait pas de se poser des questions et même de s’étonner. Certains d’entre nous n’hésitent pas à mélanger les anciennes croyances selon la tradition burundaise et la foi catholique actuelle. Bien d’autres passent d’un église à une autre à la recherche de ce qui pourrait apaiser son cœur tourmenté par les difficultés de la vie. Nous avons toujours besoins de l’assistance divine en tous temps, mais il nous faut rester dans sa voie. Ce fait de ne pas garder la stabilité dans la foi est généralement la cause du dérangement spirituel que nous subissons très souvent.

Non seulement le prophète Isaïe, Jésus aussi a continué à s’étonner devant le peu de foi de son peuple Israël qui n’a cru ni en ses enseignements ni ceux de Jean Baptiste. Bien au  contraire ils ont accusé l’un et l’autre d’être possédé par un esprit satanique. Si les Burundais n’y prennent pas garde, ils risquent de porter la casquette des hommes de peu de foi. On ne comprend pas comment après cent ans d’évangélisation, il se commettent encore plus de crimes fratricides répétitifs jusqu’à nos jours. D’aucuns se demanderaient à quoi ont servi tous les enseignements, conseils et remarques de l’Eglise à leur endroit. Le péché handicape la spiritualité personnelle, et le plus grand mal est ce fait de vouloir s’enfoncer dans cet état de fait au lieu de fournir un effort pour élever son âme.  Le prédicateur du jour a aussi pointé du doigt aux filles et femmes qui viennent à l’église, au travail ou prennent des sorties habillées indécemment comme si elles voulaient faire remarquer leur stature physique à tout le monde. Cette habitude prend de plus en plus d’ampleur et on se demande à quoi la situation ressemblera dans quelques années à venir. Si on leur applique la parole de sagesse « Dis-moi comment tu t’habilles, je te dirais qui tu es », on ne risquerait pas de confondre celles-là à la mauvaise terre qui ne laisse pas croître la graine qui y tombe ou encore celle couverte d’épines qui handicapent la bonne croissance des plantes. Un autre cas qui dérange la vie sociale des Burundais est la culture du mensonge qui tend à prendre  beaucoup plus de place qu’auparavant. Pour tout ce mal qui progresse en ampleur, on se demande à quoi nous a servi la parole de Dieu qu’on a entendu depuis un bon bout de temps. Quoi qu’il en soit tout péché individuel, collectif ou social est une abomination devant Dieu. Nous devons plutôt apprendre à être comme le prophètes qui entendent la Parole de Dieu, l’avalent, s’en nourrissent et sont les premiers à l’observer avant toute autre personne.

Nyandwi M.