La célébration eucharistique de ce quatorzième dimanche du temps ordinaire a été présidée par le Père Longin NTIRANYIBAGIRA et la Chorale Sancta Maria a animé ladite Messe en chants liturgiques. Les lectures du jour ont été tirées du Livre de Zacharie 9, 9-10; l’Epitre de saint Paul aux Romains 9, 9.11-13 et l’Evangile selon saint Matthieu 11, 25-30.

Quand Jésus a dit “Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits”, il était plein d’angoisse causée par son peuple qui n’avait pas voulu croire en lui comme d’ailleurs il n’avait pas écouté les paroles des prophètes depuis le temps ancien. Si nous lisons le dixième chapitre de ce même évangéliste, nous voyons Jésus choisir ses disciples et les envoyer enseigner après les avoir avertis des difficultés possibles qu’ils pourraient rencontrer. Mais avant Jésus, Jean Baptiste a souffert de la même angoisse. Il avait enseigné et tant de personnes l’avaient écouté pour s’en détourner après. Quand il a été mis en prison, son doute est devenu si grand qu’il a dû envoyer ses disciples vers Jésus pour s’enquérir d’une réponse qui pourrait lui être réconfortante. Nous comprenons l’angoisse de Jésus parce que le peuple Juif avait tant entendu les paroles, conseils et avertissements depuis plusieurs années sans toutefois les observer ni les mettre en pratique. De Jean Baptiste, les Juifs ont dit qu’il était possédé par Satan parce qu’il ne mangeait ni ne buvait. De Jésus, ils ont dit que c’était un amoureux des pécheurs et collecteurs d’impôts tout comme il aimait manger et boire chez eux. On pourrait alors se demander de quel type de personne satisferait les attentes et désirs de ce peuple qui ne semble pas facile à accueillir la Parole de Dieu.

Tout en exprimant son angoisse, Jésus n’a pas manqué de louer Dieu pour sa sagesse avec laquelle Il a révélé le mystère le plus sérieux, celui de l’incarnation du Fils de l’homme, aux humbles. Il a tout de même compris la faiblesse humaine et les limites de son intelligence. Ce qui n’est pas bon pour l’homme c’est qu’au lieu de reconnaître sa condition de faiblesse devant Dieu qui est la source de tout ce que nous sommes et ce que nous avons, il a plutôt tendance à vanter ses mérites intellectuels. Voilà ce qui a causé l’angoisse de Jésus: la vanité et l’ingratitude de l’intelligence humaine. En réalité, la vérité sur la réalité divine ne peut être comprise par notre seule intelligence si ce n’est que dans l’humilité du cœur. Cette humilité du cœur nous permet d’entrer en communion avec Dieu et, par conséquent, avec notre prochain. Nous comprenons aussi la raison pour laquelle la première lecture invite Jérusalem à se réjouir car son roi vient dans l’humilité. Ce roi humble c’est le Messie dont la loi est celle de l’amour et la paix. Et saint Paul de dire que si nous sommes guidés par l’Esprit, nous sommes enfants de Dieu. L’Esprit de Dieu nous pousse à nous passer des désirs corporels pour embrasser ceux divins. En communiant, celui que nous accueillons nous rend humbles et fait croître en nous la foi, l’espérance et la charité afin que nous puissions savoir et faire la volonté du Père pour sa gloire et notre salut.

Nyandwi M.