Les enseignements du deuxième jour, le 25 juin 2020, de la Semaine dédiée à la Bible ont été précédés, comme d’habitude, par une prière de louange et d’invocation du Saint Esprit. Ces enseignements ont été donnés par l’Abbé Jean HAKIZIMANA du Diocèse de Ngozi, Enseignant des études bibliques au Grand Séminaire Saint Jean Paul II de Gitega. Après une brève allocution de bienvenue par Père Herménégilde COYITUNGIYE, Recteur du Sanctuaire de la Reine de la Paix et Réconciliation, l’Abbé Jean HAKIZIMANA a d’abord exprimé ses remerciements pour l’invitation à venir partager aux fidèles de Gikungu les bienfaits de la Parole de Dieu dans ce mois dédié à la Bible et le chaleureux accueil qui lui avait été réservé.

Les enseignements du jour étaient basés sur l’Evangile selon Saint Luke. « Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprennent les Ecritures ». Le gros des enseignements de l’Abbé Jean portait sur «le Chemin d’Emmaüs». Il a lancé à l’audience une série de petites questions auxquelles il a ensuite répondu : qu’est-ce que la Bible? Pourquoi devons-nous lire la Bible? Qu’est-ce que nous cherchons à savoir en lisant la Bible? Premièrement la Bible n’est pas un livre mais une collection de livres, ce qu’il a appelé la bibliothèque de livres. Il a bien précisé qu’il y a la Bible des Juifs composée de 39 livres et la Bible des Catholiques faite par 73 livres.  Il a alors dit que ces livres ont une particularité, un secret  particulier: c’est la parole de Dieu qui y est contenue. Chaque fois qu’on ouvre la Bible il faut savoir ce qu’on cherche et comment l’atteindre.

Pourquoi devons-nous lire la Bible? Sur cette question, l’Abbé HAKIZIMANA a d’abord donné ce qu’on ne doit pas chercher dans la Bible. On ne cherche pas dans la Bible la vérité historique, on n’y cherche pas la vérité scientifique, on n’y cherche pas les réalités politiques tout comme on n’y cherche pas non plus les réalités socio-culturelles. On trouve dans la Bible la lumière et des éclaircissements sur ces questions ci-haut mentionnées.

Dans la Bible, on y cherche tout d’abord la Vérité de Dieu, ce que Dieu veut sur son peuple, depuis le temps où Il a parlé à Israël jusqu’aujourd’hui qu’Il nous parle à travers le Christ ressuscité. Ce n’est pas donc du passé, Dieu parle à chacun(e) dans le présent de sa vie. Dans la Bible, il y a alors l’enseignement qui touche notre cœur; c’est la Parole même prononcée par Dieu, le message qu’Il nous a transmis depuis les premiers prophètes.

Maintenant, il reste à savoir comment atteindre la vérité qui est dans ces livres. Ces différents livres ont été écrits par beaucoup d’auteurs. Dans la Bible, il y a la part de Dieu et celle de l’homme. C’est pourquoi il faut comprendre la Bible comme entièrement appartenant à Dieu et entièrement appartenant à l’homme. Il nous faut ensuite comprendre le langage utilisé dans la Bible. Il y a trois étapes essentielles dans la lecture de la parole de Dieu :

  • Il y a ce qu’il faut comprendre littéralement. Par exemple dans Jean 11, 35-36, il est écrit: « Jésus pleura. Les Juifs dirent alors: ‘Voyez comme il l’aimait!’». Même si Jésus était Dieu, il était aussi l’homme en entier avec les sentiments et les émotions humains.
  • Il faut ensuite comprendre le langage figuré (les figures de styles: métaphores, symboles, etc) et le message qu’il véhicule. Dans l’Evangile, Jésus parle souvent par les paraboles: « Je suis la vigne et vous  êtes des sarments », Jean 15, 5. Jésus dit aussi: « Je suis le bon berger », Jean 10, 14.
  • Quel est l’objectif de Dieu dans sa Parole, quel est l’enseignement spirituel que Dieu veut vraiment réaliser en nous. Qu’est-ce que nous cherchons ? la volonté de Dieu.

Il  faut absolument comprendre que la parole de Dieu a le pouvoir et la force de changer les cœurs des personnes. Dans Isaïe 55, 10-11, Dieu dit:

« Car, comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas sans avoir arrosé et fécondé la terre et l’avoir fait produire, pour donner de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma Parole qui sort de ma bouche; elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que j’ai voulu, et accompli l’œuvre pour laquelle je l’ai envoyée».

Lire la Parole de Dieu ce n’est pas comme lire un roman, elle doit avoir des fruits à ses lecteurs.

Saint Paul dans son Epitre aux Romains se fâche contre deux groupes de personnes. D’abord les Grecs, les philosophes qui se vantent pour leur intelligence mais qui ont échoué de comprendre ce que celui qui est la source de l’intelligence a créé. Eux, même éclairés par les Ecritures et en observant les créatures, ont échoué de voir le Créateur. Saint Paul s’indigne ensuite contre les Juifs qui ont connu Dieu  par sa révélation à travers sa Parole, mais n’ont pas reconnu et accueilli le Verbe de Dieu, Jésus le Christ. Ils se confinent dans la loi qui ne leur permet pas d’ouvrir leurs yeux pour voir la réalité.  Nous aussi, nous avons reçu la révélation de Dieu à travers Jésus ressuscité, le Verbe de Dieu; il reste à voir que la Parole de Dieu est vivante dans notre vie, étant donné que toutes les Ecritures Saintes sont la Parole de Dieu.

Le deuxième point s’intitule «Le Chemin d’Emmaüs». Il faut méditer le chemin d’Emmaüs avec les deux disciples, comment Jésus les rejoint sur le chemin, comment Il leur a enseigné les Saintes Ecritures, comment ils ont reconnu Jésus quand Il a rompu du pain, et les fruits qu’ils ont eus quand Jésus les ouvrit les yeux. Ici la fraction du pain, c’est le même acte que Jésus a accompli Jeudi Saint.

Il y a d’abord la parole et après la fraction du pain. Jésus commence à les enseigner quand ils commencent à avoir peur et mélancolie, et leur redonne la joie et le courage. Les deux disciples, Jésus leur avait bien dit qu’Il ressusciterait le troisième jour, mais c’était flou et incompréhensible pour eux.   Qu’est-ce qui nous empêche de croire ? Jésus leur ouvre alors les yeux de la foi, en leur expliquant les Saintes Ecritures à partir de Moïse et tous les Prophètes et leurs écrits.

L’Abbé Jean a ensuite parlé de la Parole de Dieu et l’Eucharistie. La Parole de Dieu, comme dans les sacrements, on n’y rencontre Dieu. L’autel de la parole de Dieu et l’autel de l’eucharistie ne sont pas différents. Il ne faut pas qu’on arrive à l’église pour l’eucharistie et passer directement à la communion, il faut d’abord partager sur la Parole. Les deux disciples qui étaient tristes, douloureux et mélancoliques ont retrouvé la joie avec la parole de Jésus ressuscité.

L’Abbe Jean HAKIZIMANA a alors parlé des Fruits. Après avoir reçu la Parole de Dieu et après la fraction du pain, et l’ayant reconnu, les deux disciples qui étaient tristes sont immédiatement retournés à Jérusalem à plus de 11 km même si il faisait nuit, pour annoncer la Bonne Nouvelle à leurs confrères.

Il a clôturé son enseignement par les points articulatoires suivants:

  1. Jésus ressuscité reste avec nous dans les sacrements, surtout dans l’Eucharistie, et c’est lui qui fait le premier pas vers nous. Il nous faut donc à notre tour faire notre pas vers Lui en l’accueillant et en l’annonçant aux autres.
  2. Jésus ressuscité continue à se révéler à nous dans sa Parole.
  3. Jésus ressuscité est vivant.
  4. Nous sommes invités à notre tour à nous approprier la Parole de Dieu, pour savoir que même quand notre vie est dans l’impasse, Jésus ne nous abandonne jamais et nous donne toujours une mission.

L’Abbé Jean a enfin dit aux chrétiens présents, qu’après ce mois dédié à la Bible, ils devront retourner chez eux, dans leurs ‘Jérusalem’,  pour annoncer la Bonne Nouvelle aux autres.

Le Père Herménégilde, dans son mot de clôture et de remerciements, a comparé les disciples d’Emmaüs à la Vierge Marie, puisque après l’annonce de l’Archange Gabriel et la conception de Jésus, Marie s’est hâté dans les montagnes et a fait de longues distances pour apporter la bonne nouvelle à Elizabeth, et de conclure en appelant les fidèles à être ceux qui amènent la bonne nouvelle dans leurs ménages.

Fulgence Ndayizeye