L’Eglise du Burundi a prévu le mois de juin comme un temps favorable aux chrétiens pour lire et suivre des enseignements sur la Bible. Dans cette même optique, il a été créé un mouvement baptisé « Mukama menyekana » (« Sois connu, Seigneur ») dirigé par Sœur Lucie KAYANDAKAZI de la Congrégation des Sœurs Bene Tereziya. L’objectif dudit mouvement est d’inviter et de former les fidèles à la lecture de la Bible et d’en déceler le message afin d’en tirer un comportement digne des enfants de Dieu dans notre société. Trois jours de suite ont été dédiés aux enseignements sur la Bible au sanctuaire de la Reine de la Paix et Réconciliation de Mont Sion Gikungu, c’était les 24, 25 et 26 juin dernier chaque fois de 18h à 19h30. Trois thèmes ont été développés pour chaque jour: le thème du mercredi 24 juin était   Le pardon et la réconciliation selon les Saintes Ecritures, prêché par l’Abbé Caliop BAZITWINSHI, actuellement enseignant au Grand Séminaire de Gitega et chargé de l’apostolat de la Bible au Burundi.

L’Abbé BAZITWINSHI a de prime abord signalé qu’il était en train de passer dans différents diocèses au cours de ce mois de juin pour le même apostolat. Selon lui donc, toute personne qui veut vivre dans la justice, le pardon et la réconciliation  doit se ressourcer dans la Bible parce qu’elle parle de ces concepts tout en invitant les gens à observer ces principes nécessaires à toute vie stable au niveau individuel et communautaire. Il a également émis le souhait que les fidèles participants prennent l’enseignement du jour, non comme venant d’un homme, mais plutôt comme une Parole de Dieu. Le chapitre 34, verset 6 du Livre du Deutéronome nous révèle Dieu comme étant tendre et miséricordieux. Même le livre de la Genèse nous montre Dieu qui a eu pitié d’Adam et Eve dans leur nudité. Nous comprenons à ce niveau la tradition burundaise qui dit que si on fait un grand mal contre quelqu’un, c’est comme si on le déshabillait purement et simplement. D’après la Bible, pécher c’est comme se déshabiller devant la face du Tout-Puissant. Quand Adam et Eve se sont retrouvés nus, comprenons bien qu’ils ont découvert leur faute et se sont par la suite culpabilisés. La même Parole de Dieu nous empêche de nous venger contre notre prochain, mais plutôt ferions-nous bien de laisser cette cause à  Dieu.

Dieu ne veut pas de nous des offrandes en premier lieu, Il veut plutôt notre réconciliation. Toute offrande que nous présenterons à Dieu avec une dent contre notre frère ou sœur ne vaut pas la peine, et il sied bien que toute personne en soit convaincue. Le jour où le prêtre ou tout autre fidèle aura compris cette parole, on le verra se précipiter en dehors de l’église pour demander la réconciliation avec son prochain. A la fin de la prière que Jésus nous a enseignée, le Notre Père, nous demandons à Dieu  de nous pardonner comme nous le faisons à ceux qui nous ont offensés. La chose devient donc claire: si nous ne pardonnons pas, nous nous retirons la chance de recevoir le pardon à notre tour. Saint Paul apôtre nous conseille de ne pas rencontrer notre ennemi quand nous sommes encore sous le choc de  la colère, plutôt quand nous nous sommes reposés. C’est ainsi que Tite a joué le médiateur entre l’apôtre Paul et les habitants de Corinthe afin de recouvrer leur réconciliation.

Pour mieux recevoir le pardon, un pécheur doit d’abord reconnaître son mal au lieu de rejeter le tort sur quelqu’un d’autre comme l’ont fait Adam et Eve. On le ferait comme le bandit crucifié à droite de Jésus: il a reconnu sa faute et a demandé pardon. Après reconnaissance de son mal, le pénitent se doit de remettre en place ce qu’il a désorganisé dans la mesure du possible. En plus des deux dispositions mentionnées, l’on ne doit pas planifier de se venger soit pour effacer les trace du mal, soit pour devancer l’ennemi. Le  bon exemple est celui de David qui ne s’est pas vengé contre Saul alors qu’il avait eu une très belle occasion de l’éliminer. Une autre chose est de ne pas faire payer à celui qui nous a fait du mal, car le jour où on commettra un mal, on se verra payer beaucoup plus au même point qu’on l’avait fait à notre prochain.  Enfin, nous sommes invités à pardonner même avant que notre ennemi ne soit venu demander pardon. L’exemple le plus criant est le pardon que Jésus a imploré auprès de Son Père pour ses tortionnaires. Un autre exemple est celui d’Etienne qui a fait de même. A la question de savoir pourquoi nous devons pardonner et nous réconcilier, nous devons savoir que nous formons une Eglise-famille, et une famille où il n’y a pas de pardon est toujours malade, en dispute et est vouée à la disparition.  De plus, nous formons un seul corps du Christ (2Co, 12-13) et nous sommes des membres d’un seul corps. Or un corps doit être unifié et stable pour être fort en santé et en action.

Nyandwi M.