Nous sommes le cinquième dimanche de Pâques et les lectures d’aujourd’hui nous invite avoir les yeux fixés sur l’Essentiel, qu’est Jésus, le Centre de notre vie et de toute nos actions : Sans lui nous ne pouvons rien faire.

Dans la première lecture, Jésus nous est présenté comme l’essentiel de notre vie et de notre action pastorale. Il est le centre de la vie et de la mission de l’Église. En d’autres termes, la proclamation de la Bonne Nouvelle du Christ mort et ressuscité constitue la priorité des priorités pour l’Église. Le ministère de la Parole constitue la mission première de l’Église. C’est pour cette raison qu’après avoir remarqué qu’il y avait des plaintes concernant la distribution des biens matériels au sein de la communauté chrétienne, les Apôtres ont choisi 7 Diacres pour s’occuper du ministère de la charité pendant qu’eux se concentrent sur le ministère de la Parole.

Dans la deuxième lecture Jésus est présenté comme l’essentiel de toute la construction, il est la pierre angulaire de l’édifice de notre vie, sans laquelle toute notre vie tombe en ruine. Sans lui point de salut ! Il a été rejeté par les grands de ce monde mais Dieu l’a exalté et lui a donnée le nom qui dépasse tout nom au ciel et sur la terre, car devant son nom, tout genou fléchira, et il n’y a aucun autre nom par lequel nous recevons le salut hormis le nom de Jésus.

Et dans l’Évangile, Jésus se présente encore comme l’élément essentiel pour avoir accès au Père. Il est dans le Père et le Père est en lui. Il est le Chemin par lequel il faut passer si l’on veut aller vers le Père, la Vérité à croire et à proclamée haut et fort mais aussi la Vie à recevoir et à partager aux autres. Tous ses actes et ces paroles sont porteurs de vie et méritent un respect et une confiance indéfectibles.

En effet, après la résurrection de Jésus, les disciples ont bénéficié d’une série d’apparitions de la part du Maître afin de les encourager et de les affermir dans la foi. Ils ont reçu de lui le don l’Esprit Saint qui les a fortifiés pour annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations. C’est ainsi qu’avec leur prédication et témoignage de vie, beaucoup ont adhéré à la foi chrétienne. Très vite un groupe des croyants s’est formé autour des Apôtres. Cette première communauté était très unie et d’un seul cœur ils se réunissaient pour prier et mettaient tout en commun. Celui qui avait des biens de valeurs les vendaient pour en apporter la valeur au pieds des Apôtres afin qu’à leur tour ils puissent procéder à la distribution de ces biens en appliquant le principe de l’équité, c’est-à-dire qu’ils distribuaient ces biens selon les besoins de chacun et par simplement selon le droit de chacun. Notez ici la différence entre la justice et l’équité. La justice consiste à donner à chacun son dû, c’est-à-dire ce qui lui reviens tandis que l’équité consiste à donner à chacun selon ses besoins. Un exemple que je puis donner ici c’est lorsque vous avez deux ou plusieurs travailleurs à la maison, une s’occupe par exemple des enfants quand vous êtes au travail, l’autre s’occupe de la cuisine et un autre du jardin. Vous pouvez appliquer le principe de la justice en leur donnant le même salaire ou au moins un salaire qui correspond au travail que chacun accompli. Mais vous pouvez aussi décider d’appliquer le principe de l’équité, en ajoutant quelque chose sur le salaire de celle ou celui qui s’occupe des enfants par exemple, car elle est orpheline et qu’elle doit subvenir aux besoins de ses petits frères et sœurs, etc.

La première communauté Chrétienne était composée de deux groupes, d’un côté il y avait les Chrétiens de culture Juive : qui ont grandi et ont été éduqués dans la culture juive, et de l’autre côté nous avons les Juifs de la diaspora et les non juifs qui ont grandi et ont été éduqués dans la culture Gréco-Romaine. Après un certain temps, les Chrétiens de cultures Juives se sont plaint que leurs veuves sont lésées dans les distributions des bien matériel. Et donc au sein de cette communauté Chrétienne il y avait ceux qui avaient reçu la Bonne nouvelle, mais leurs mentalités étaient encore un tout petit peu païenne. Ils avaient accepté le Christ comme leur sauveur mais ne l’avaient pas encore accueilli dans leurs cœurs, ils n’étaient pas encore entièrement convertis. Par conséquent tout d’un coup le critère de la distribution a changé, on ne suivait plus ni le critère de la justice ni l’équité, c’était devenu la colline natale, la tribu ou l’ethnie etc. La même chose se vit parfois dans notre région des pays des grand lacs : avant de te rendre service ou de t’embaucher on demande uva hehe? Uri ubwoko buhe ?

Voyez-vous combien ces faits de privilégier certains au détriment des autres, à cause du tribalisme, collinisme ou autres motifs, souvent non avoués, que nous observons dans le monde d’aujourd’hui, sont vieux comme le monde. Les gens vous demandent tous ces détails-là que nous venons d’évoquer avant de vous recevoir, avant de vous donner du travail, ou même un stage professionnel dans leur entreprise. Au lieu de muser sur le critère de la méritocratie pour donner le travail ; au lieu de mettre en avant le baptême que nous avons reçu comme Chrétiens, ou encore sur l’humanité que nous avons en commun avec tous les hommes, pour assister ceux qui sont dans le besoin, les gens regarde l’apparence physique, le pays, la province ou la commune d’où vous venez. Néanmoins, dans son épitre aux Galates, Saint Paul nous apprend combien nous sommes un dans le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, nous sommes tous enfants de Dieu (cf. Galates 3 : 28).

L’attitude des Apôtres face au problème qui leur était soumis par leur frères Chrétiens est très parlant pour nous : ils ont d’abord tenu conseil : ils se sont réunis pour échanger et puis ils sont arrivés à un consensus. Ils ont choisi 7 Diacres pour pouvoir s’occuper des questions matérielles, tout en prêtant une attention particulière aux pauvres, au marginalisés et aux plus faibles afin qu’eux soient entièrement consacrés au service de la Parole. Ainsi ont-ils déclaré : « il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables… ».

Partant de cette expérience des Apôtres deux questions se posent : comment nous comportons nous lorsqu’il y a des malentendus entre nous Chrétiens, ou au sein de notre famille, ou encore au service ? Prenons-nous le temps de prier et de réfléchir ensemble afin de trouver une solution ou bien nous privilégions la vengeance, la discrimination, la haine mutuelle ? Deuxièmement, où est notre priorité ? L’Écritures dit en effet que là où est ton trésor, là est ton cœur. Les Apôtres pouvaient bien dire « prenons nous-mêmes les choses en mains », mais ils ont confié la tâche a d’autres afin qu’eux s’occupent totalement de ce qui est plus nécessaire : ce qui prime sur tout autre chose : l’annonce de l’Évangile.

Cette annonce ne se fait pas seulement à travers les paroles mais aussi et surtout à travers les actes de charité et de miséricorde. C’est ainsi que Saint Augustin dit : « annonce toujours l’Évangile par tes actes, et s’il y a besoin, fait-le à travers les paroles ». La Bonne Nouvelle à annoncer c’est le Christ lui-même, qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Que de fois nous avons du mal à croire qu’il est vraiment le Créateur, le Tout Puissant, celui qui nous a sauvé, qui nous fait entrer dans la communion avec le Père, qui nous a ouvert les portes du ciel et qui nous amènera avec lui dans sa demeure éternelle. Combien des fois nous déclarons nous êtres des Chrétiens alors que nos actes sont encore païens ? Combien des fois exigeons-nous à Jésus de prouver qu’il est là et qu’il nous écoute, oubliant que l’essentiel n’est pas visible aux yeux de la chair.

Puissions-nous croire vraiment en lui, le suivre, l’annoncer et partager sa vie. Sainte Vierge Marie intercède pour nous, amen !!!

Diacre Alain AMANI

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