La première messe de ce dimanche de Pâques 2020 au Sanctuaire de la Reine de la Paix et de la Réconciliation a été célébrée par le Père Jean Marie BISIMWA.

Les Saintes Ecritures ont été tirées du livre des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43), de la letter de saint Paul apôtre aux Colossiens (Col 3, 1-4) et l’ Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 1-9)

Dans son homélie, le Diacre Jean Bosco HABONIMANA a d’abord souhaité joyeuse Pâques à tous les fidèles. Et de continuer : Nous sommes venus ce matin célébrer, avec toute l’Eglise, ce jour de fête et de joie, la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. Il s’agit de sa victoire sur la mort et sur le péché. C’est la plus grande des fêtes chrétiennes de l’année liturgique parce que la résurrection est un évènement central de notre foi catholique. Si Pâques n’existait pas, c’est clair que le christianisme n’existerait pas aussi. Le Christ a été immolé : il est l’agneau véritable qui enlève le péché du monde. En mourant sur la croix, il a détruit notre mort ; en ressuscitant, il nous a rendu la vie. Alors avec Pâques, nous sommes renouvelés.

Pour lui, l’Évangile d’aujourd’hui nous donne une épreuve de la résurrection, une épreuve que le Christ est vraiment ressuscité. Et cette épreuve, c’est le tombeau vide.

Jésus Christ, quand il est mort sur la croix, deux hommes à savoir Joseph d’Arimathie et Nicodème s’étaient occupés de son corps en faisant tous les soins nécessaires selon la manière juive d’ensevelir les morts. Ce qui montre que Jésus était réellement mort. Il avait été déposé dans un tombeau comme les autres juifs qui mouraient durant son temps. En ce moment-là, ses apôtres s’étaient cachés ; ils avaient peur d’être poursuivis et d’être mis à mort comme leur Maître. Au lieu de commencer à témoigner de ce qu’ils avaient vu en leur Maître, ils se sont cachés par peur d’être poursuivis et tué comme le Maître. Cela nous montre que malgré ses enseignements et les miracles accomplis en leurs yeux, ses apôtres n’avaient pas encore compris qui il est, ils n’avaient pas encore une foi solide pour pouvoir en témoigner jusqu’à accepter la mort. Ici, a-t-il poursuivi, nous ne pouvons pas peut-être les juger, parce que, nous-mêmes, nous venons souvent dans les messes, nous recevons beaucoup d’enseignements sur notre foi, nous lisons quelquefois la Bible, mais notre foi n’est pas encore forte, nous avons toujours du mal à l’affirmer surtout quand nous nous retrouvons dans des moments critiques. Nous sommes croyants quand tout va bien. Quand mes intérêts sont en danger, je n’ai pas le courage de témoigner de ma foi.

L’Évangile nous a montré qu’il y a eu au moins une personne qui a fait preuve d’un plus grand courage : c’est Marie-Madeleine. Elle n’a pas eu peur comme les disciples. De bon matin, elle a osé se rendre au tombeau. Mais quand elle y est arrivé, elle a vu que le tombeau était ouvert et vide. Immédiatement, elle a conclu que le corps de Jésus a été enlevé ; et vite, elle a couru pour informer deux disciples, Pierre et Jean, et ceux-ci sont venus et ont aussi constaté que le tombeau était réellement vide.  Peut-être qu’en recevant l’information de Marie Madeleine, ils avaient pensé que ce n’est pas vrai ; surtout qu’en Israël les femmes n’étaient pas beaucoup considérées. Nonobstant, son information était vraie parce que quand deux disciples sont arrivés, ils ont vu les linges sur place, bien rangés. On nous dit que Pierre doutait ; mais pour Jean: « il a vu et il a cru. Jusque-là, ces disciples n’avaient pas encore compris que le Christ est ressuscité. Il a fallu au Christ de leur apparaitre après et de se montrer à eux pour croire. Comme nous allons le voir dans les jours qui viennent, Jésus va se manifester à ses disciples et quelque fois manger avec eux. Mais aujourd’hui la seule épreuve qui nous est donné, c’est le tombeau vide. C’était plus tard que les apôtres ont été affermis dans la foi et nous ont donné un très bon témoignage de leur foi en Jésus Christ. Et si nous, nous croyons à la résurrection du Christ, c’est grâce à leur témoignage et à celui des premières communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération. C’est ce témoignage que nous voyons dans le livre des Actes des Apôtres dans lequel nous avons trouvé la première lecture d’aujourd’hui.

Pierre a rendu un très bon témoignage de Jésus chez un centurion (un officier) de l’armée romaine, donc un païen. Cela pour nous dire que le salut offert en Jésus Christ est offert à tous, même à ceux qui sont très loin de la foi. Dieu n’exclut personne : et d’ailleurs toute personne a été sauvée dans la mort et la résurrection de Jésus. Quelle que soit sa nation ou sa langue, chacun peut recevoir le salut dans la mesure où il accueille l’Évangile. La bonne nouvelle doit être proclamée au monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur sa croix. Ainsi, toute personne qui croit en lui, reçoit par lui le pardon de ses péchés.

Dans la seconde lecture, Saint Paul nous recommande de garder notre regard fixé sur le Christ. C’est un appel à lui manifester chaque jour notre amour. Nous pourrons vivre cette manifestation de l’amour à Jésus dans la prière. La prière est un dialogue que nous faisons avec Dieu, comme si nous dialoguions avec un ami ou une amie que nous aimons bien. Un ami ou une amie que tu aimes bien, tu cherches un temps pour lui ou pour elle ; mais je sais très bien que souvent nous manquons du temps pour dialogue avec Dieu dans la prière. Alors multiplions les occasions de dialogue avec Jésus. Aussi, nous manifestons notre amour à Jésus dans les sacrements ; surtout quand nous le recevons souvent dans l’eucharistie, le sacrement par excellence. Et là nous savons qu’avant de le recevoir nous devons nous préparer en approchant le sacrement de la réconciliation ; sinon, nous accueillons notre mort et c’est un sacrilège. Finalement, nous manifestons notre amour à Jésus dans les œuvres de charité et dans notre témoignage de vie. C’est pourquoi, à la fin de notre vie, Jésus lui-même nous dira : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait !, recevez en héritage le royaume. Ainsi, si nous parvenions à manifester notre amour à Jésus à travers la prière, les sacrements, les œuvres de charité et un témoignage de vie ; nous pourrions dire fièrement comme saint Paul : « Pour moi, vivre, c’est le Christ et mourir est un avantage. »

Le Seigneur ressuscité nous demande d’enlever dans nos cœurs la pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier à partir de nos cœurs. Il compte sur notre témoignage dans nos milieux de vie. Il désire que nous soyons porteurs de cette bonne nouvelle de la résurrection auprès de tous ceux qui nous entourent. Le Seigneur nous invite aussi à être une lumière pour le monde; à porter la lumière de l’espérance au milieu des violences, des souffrances, des guerres, de l’injustice, etc. Il désire que nous apportions l’espérance aux gens qui désespèrent de la vie suite aux différents problèmes qui les menacent. Nous devons apporter l’espérance et prier surtout pour les gens qui ne peuvent pas se rassembler, par exemple, pour célébrer ce jour de fête et de joie à cause de la pandémie de coronavirus.

Le Christ ressuscité nous redonne le courage de rentrer dans nos familles, dans nos milieux de travail, pour y vivre comme des enfants de Dieu renouvelés dans le Christ. Tous les efforts de conversion que nous avons entrepris ou fournis pendant toute la période de carême visaient cela ; notre conversion et notre renouvellement dans le Christ. Nous devons vivre comme des gens renouvelés. Et cela doit se faire d’abord dans nos familles respectives, et ensuite dans nos milieux de travail.

Notre foi chrétienne ne se limite pas à nous rappeler que le Christ est ressuscité et que notre vie ne se termine pas avec la mort. La Pâque et la résurrection nous incitent aussi à nous engager ici et maintenant, à prendre la vie au sérieux. Le Christ nous invite à sortir de nos tombeaux, de nos découragements, et de nos peurs. Jésus est  venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance (Jean 10, 10). Nous goûtons sur cette vie, que Jésus nous donne, chaque fois que nous l’accueillons dans la très Sainte Eucharistie.

En ce jour, nous demandons au  Seigneur qu’il fasse de nous des ressuscités, des témoins de la Vie qu’il donne en plénitude. Qu’il nous donne sa force et sa joie pour révéler aux plus pauvres la grandeur de son amour, a-t-il conclu.

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