Après quarante jours que tous les fidèles chrétiens catholiques venaient de passer dans le jeûne et la prière du carême, nous voici enfin dans la nuit de la veillée pascale. Tout est en blanc avec une particularité exceptionnelle occasionnée par la joie de la fête : tout le décor dans l’Eglise de la Sainte Trinité au Mont Sion Gikungu est blanc, avec un éclat festif, les prêtres étaient en chasubles blanc, couleur liturgique que nous venions de passer quarante jour sans voir, excepté le 25 Mars qui fut la fête de l’Annonciation. Même les chorales Saint Martin et Sainte Famille n’avaient pas manqué à porter du blanc de la fête.

La célébration de la veillée pascale a débuté à dix-huit heures au Mont Sion Gikungu. Après l’allumage du cierge pascal et  tout le cérémonial y relatif, la procession s’est dirigée vers la grande Eglise, à commencer par les thuriféraires, le Cierge pascal, les acolytes, les prêtres et toute l’assemblée des fidèles en fin. A l’arrivée de la procession, les fidèles ont suivi  avec entrain et enthousiasme l’exultet, hymne de la joie qu’on n’entend qu’une seule fois l’année pendant la veillée de Pâques.

Après cet hymne de la joie, les fidèles ont calmement   suivi quatre lectures de l’Ancien Testament. La première était tirée du Livre de l’Exode au récit de la création. La seconde lecture était du Livre de l’Exode au chapitre de la traversée de la mer Rouge par Israël. La troisième lecture fut tirée du Livre d’Isaïe et la quatrième lecture fut celle du prophète Ezéchiel. Après cette lecture,  est suivie la lecture de l’épitre de saint Paul aux Corinthiens avant le Gloria et l’annonce très solennelle de l’Alléluia que l’Eglise n’avait plus chanté depuis le début du carême.

L’homélie de la veillée pascale a été présentée par le Père Longin NTIRANYIBAGIRA qui a été le célébrant principal du jour. Selon lui, les fidèles ont suivi des lectures décourageantes et pleines de détresse le vendredi saint, mais la situation a changé depuis cette nuit où ils célèbrent la résurrection du Seigneur Jésus. «  Nous voici dans la nuit qui a vu notre salut, effaçant ainsi notre péché et nous donnant ainsi accès auprès de Dieu comme ses enfants dignes de lui. Des lectures que nous avons suivies en cette nuit, nous avons compris que l’homme s’est toujours embourbé sans cesse de même qu’est perverti de plus bel depuis la création jusqu’au jour de notre salut, cette nuit que nous célébrons en ce temps. »

« Dans son Amour infini dit-il, Dieu a voulu et a décidé de sauver le genre humain. C’est la traversée de la mer Rouge qui nous affranchi de l’emprise du mal. Cette traversée nous permet de passer de la rive à l’autre, du désespoir à l’espoir, de la violence à la douceur, du malheur au bonheur, de la guerre à la paix.

Il y a tant d’événements qui nous hantent dans notre vie, mais dans tout cela, Dieu nous demande de lui faire confiance car son Fils a vaincu la mort et nous rendra vainqueurs de tout. Dieu qui a envoyé beaucoup de vent dans la mer pour scinder la mer en deux afin de permettre à Israël d’y passer, ne tardera pas à nous envoyer le même vent qui emportera nos difficultés pour nous rendre libres. »

La traversée n’est pas individuelle, elle doit être collective, c’est-à-dire que toute l’église universelle doit faire ce voyage ensemble, sinon nous nous rendrons compte que certains d’entre nous serons restés sur l’autre rive du lac alors que d’autres serons déjà passés.

Oui nous devons le dire, nous venons de loin et nous sommes venus de très loin si Jésus ne nous avait pas affranchis. Avec cet affranchissement, nous devons sans cesse rendre grâce à Dieu dans la joie et la vérité des fils et filles du même Père. Ceci est une évidence, nous étions des esclaves du péché, mais nous sommes libres. Que dire donc, nous sommes en droit de nous souhaiter bonne fête de Pâques avec la délivrance que Jésus nous a apportée. »

Nous faisons remarquer qu’après l’homélie, le prêtre célébrant a procédé à la bénédiction de l’eau de Pâques avant que tous les fidèles renouvellent leurs engagements baptismaux, les bougies dans les mains. Les Prêtres ont alors aspergé toute l’assemblée.  La messe a pris fin vingt et une heure et demie dans la joie animée et la majorité des fidèles sont partis avec les bougies  allumées.

Nyandwi Méthode

 

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