Depuis l’appel des fidèles par
le Pape François à accomplir un bref pèlerinage vers la Porte Sainte, ouverte
dans chaque cathédrale ou dans les églises établies par l’évêque diocésain
ainsi que dans les sanctuaires où est ouverte la Porte de la Miséricorde et
dans les églises qui sont traditionnellement identifiées comme jubilaires pour
vivre et obtenir l’indulgence comme signe du désir profond de véritable
conversion, les pèlerins s’enchaînent à un rythme effréné au sanctuaire marial
de Schoenstatt Mont Sion Gikungu qui fait partie de cette liste.

Ce samedi, les schoenstattiens
de la Paroisse Saint Augustin de Buyenzi et ceux venus d’autres paroisses comme
Mubimbi, Rushubi, les élèves de l’E.T.S. Kamenge et les servants de messe de la
Paroisse saint Sauveur de Nyakabiga avaient fait le déplacement.

« Nous sommes venus de
Buyenzi jusqu’ici à pied. En cours de route, on priait le chapelet en méditant
les mystères du rosaire et en confiant nos intentions de prière à l’intercession
de la Vierge Marie.», raconte Madame Kasanga Christine. Ils ont passé une bonne
heure en cours de route.

Ils étaient une trentaine à
avoir fait ce déplacement et parlaient tous swahili, langue dans laquelle même
ils ont suivi les enseignements sur l’indulgence. Signalons qu’ils étaient
accompagnés de leur prêtre, le Père Frédéric de la communauté des pères blancs.

Partant de la définition du
mot « indulgence » qui est une rémission de la peine due au péché,
que l’Église accorde moyennant quelques actes précis, l’enseignant leur a fait
savoir que ce n’est pas tous ceux qui viennent en pèlerinage qui auront cette
faveur. Il y en a ceux qui viennent ici uniquement pour voler, pour prendre les
biens d’autrui. Et de leur expliquer que pour obtenir cette grâce il faut s’y
préparer en conséquence et prendre certaines mesures. Revenant sur le péché, tous
les pèlerins ont reconnu qu’ils sont pécheurs. Nous péchons de plusieurs façons,
en pensant, en agissant, …. A-t-il continué.

Nous devons prendre des
mesures pour vivre une vie sainte. Nous devons prier le matin avant de sortir même
de notre lit afin que Dieu nous aide dans tout. Les tentations sont nombreuses
et peuvent venir de partout. Avec l’Appui de Dieu, à travers la prière, nous
nous en débarrassons. En prenant la décision de fuir le péché tant petit que
grand, nous nous approcherons petit à petit de la sainteté, a-t-il insisté.

Soyons toujours conscients de
nos actes. Seule une personne sans conscience ne distingue pas le bien du mal.
Confessons nos péchés et prenons la bonne décision de ne plus les commettre.
Distinguons-nous de nos frères protestants et allons se confesser auprès de nos
prêtres comme notre Eglise l’a instauré, suggère-t-il.

Confessons nos péchés mais
après la confession prenons la ferme décision, aidé par l’Esprit Saint qui
habite en nous, de ne plus recommencer ce même péché. Et de comparer quelqu’un
qui se confesse incessamment à quelqu’un qui nettoie quotidiennement l’unique
habit qu’il dispose. A la longue, cet habit n’aura plus sa couleur initiale ni
sa résistance et ne vaudra plus rien, a-t-il poursuivi.

Il a aussi évoqué les
avantages de se confesser. En se confessant, proclame-t-il, nous nous unissons à
Dieu. Nous pouvons prendre part au Corps et au Sang du Christ, l’Esprit Saint
regagne son temple qui est notre corps. Par contre, avertit-il, recevoir le
Corps et le sang du Christ sans se confesser c’est se condamner soi-même.

Il  y a des péchés auxquels il est difficile de
demander pardon. Ici, l’enseignant insiste que tout chrétien doit
nécessairement demander pardon. Qu’ils doivent passer au Sanctuaire chez la
Mère Trois fois Admirable et y déposer toutes leurs souffrances. Laissez-lui
vos fardeaux de souffrance. Dites-lui que vous en avez assez de les porter
seuls. Si elle veut, qu’elle les soulève mais vous dites-lui non. Ce n’est pas
elle qui prendra cette charge, elle va intercéder pour vous auprès de son Fils
jusqu’à ce que vous ayez gain de cause.

Il a aussi demandé aux pèlerins d’avoir cette culture de se pardonner mutuellement. Il y a des péchés accidentels comme piétiner quelqu’un en cours de route, …, ayez un cœur miséricordieux les uns envers les autres.   Les paroissiens de Buyenzi clôturaient, ce samedi, la neuvaine dédié à Sainte Monique, la Patronne des mères chrétiennes. Ils l’ont clôturé ici au Sanctuaire. Conscients qu’il y certains péchés qui leur sont difficiles à abandonner notamment la haine due aux souffrances quotidiennes émanant parfois de leurs enfants, voisins et même mari ou épouses, ils ont jugé bons de clôturer leur neuvaine en faisant ce pèlerinage afin d’obtenir cette indulgence.

C’est au sanctuaire qu’ils recevront cette indulgence après le tour des jeunes schoenstattien des paroisses Rushubi, Mubimbi, les servants de messe de Nyakabiga ainsi que des élèves de l’E.T.S. Kamenge. La messe de ces derniers a été dite par le Père Longin NTIRANYIBAGIRA qui les a suggérés de toujours emprunter le chemin marial en allant au Sanctuaire. Vous pouvez contempler tout en méditant, a insisté le célébrant, dans ce chemin de foi de la Vierge Marie ses quinze stations. Signalons que ces stations ont été sculptées par Bernard BIGENDAKO.

Germain NAHIMANA